Le ventre de la fée - Alice Ferney (1993)

Publié le par hendiadyn

Leventredelafee.jpgPremier roman d’un auteur qui a connu bien d’autres succès depuis, on retiendra surtout cette entrée en scène littéraire à la fois fascinante et spectaculaire.

Attention, pour les âmes sensibles. L’ouvrage tente de contredire le proverbe populaire et de prouver ainsi que d’un ventre féerique peut surgir le plus noir des monstres humains. Et justement. La rupture, et même le déchirement total qui s’opère entre la première et la deuxième partie donne tout son relief au roman, le faisant basculer entre deux modes absolument opposés, se rejetant l’un l’autre. Il s’agit bien d’un « conte noir » comme le précise l’éditeur, où notre regard passe de l’enchantement et de la virtuosité des mots à leur fissure interne, au plus trivial de ses usages.  Ainsi, de l’amour maternel comblé à la naissance de Gabriel, l’ouvrage frôlerait presque le récit mythologique, sublime et de fait, bien trop court.  L’ange nouveau-né, après une ellipse d’environ vingt ans, s’envole sur le lieu de son premier crime, début d’une longue série de délits sans pitié, sans censure, ou presque. Le comble réside dans le suspens final, entre horreur et envoûtement, sur une scène de ballet. Un roman qui heurte la psychologie dans une gênante proximité, mais aussi un roman dual, à lire sans ambiguïté.

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