La fille à la vodka - Delphine de Malherbe (2012)

Publié le par hendiadyn

9782259218696« J’ai mangé une rose. J’ai souhaité que tu me regardes dès que je t’ai vu apparaître. Dévorer une fleur m’a semblé être un bon moyen de me faire remarquer. J’avais pourtant autre chose à penser. »

 

Cet article risque d’être un peu plus court que d’habitude et je m’en excuse. En effet, je n’ai pas réussi à aller au delà des trois quarts de La fille à la vodka. L’ouvrage ne répond pas aux promesses de la quatrième de couverture, vantant le combat d’une jeune femme à Avignon, berceau des Arts et du théâtre, contre l’alcoolisme. (autre sujet tabou en littérature, surtout lorsqu’il s’agit d’alcoolisme féminin)

 

Voici que l’ouvrage commence sur cette jeune femme, à demi perdue, qui se nourrit de roses et de tours de manège. Une originalité première qui interpelle mais ne maintient pas le mystère qu’elle avait engendré : on assiste, impuissant, à un chassé croisé en décalage avec le monde réel, entre ces deux personnages presque anonymes qui s’aiment du bout des lèvres dans les rues d’Avignon, sans se dévoiler entièrement. L’incompréhension mutuelle, l’amour tout de même.

 

Je me suis lassée très vite de cette écriture usant et abusant du monologue, au point de faire passer tout autre discours par cette seule et unique voix, transformant les certitudes en supposition et l’existence de l’homme par une série de « tu » bien trop répétitifs et uniquement habillés de conditionnels ou de passés. Cette absence d’ancrage dans le monde masculin (sûrement voulu, mais de mon point de vue, peu efficace) ne fait qu’éloigner l’attention en faisant du personnage un inconnu à l’histoire floue et insaisissable autrement que par la voix de l’héroïne. On ne peut alors définir si elle ment, ou si elle possède simplement une imagination à la limite de l’omniscience ou du talent divinatoire.

 

Les autres personnages (feu la grand-mère libraire, et Papy Micha, amateur de citations avortées) ne sont que des éclairs dans cette pensée fleuve et ne semblent pas trouver leur place au cœur de l’intrigue. Au bout de 180 pages je ne suis pas parvenue à entrer véritablement dans le monde d’Alice et à comprendre ses travers ; l’alcoolisme n’est décrit que par sous-entendus ou sensations plutôt abstraites, l’esprit ne se déclarant sur le papier que par une fumée d’adjectifs et de juxtapositions sans aucun sens précis. L’alchimie ne s’est pas faite entre cette vodka-ci et moi.

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agence matrimoniale Nancy 05/11/2012 08:34

Très beau livre!!

Sébastien 06/09/2012 20:31

Oui, c'est vrai ! Et pour la Marquise de Carabas, tu me diras aussi, si tu le lis !

Sébastien 03/09/2012 11:00

Je m'y suis mis aussi, il y a quelques temps, à ne plus me forcer à terminer les livres qui ne me plaisent pas (les masochistes anonymes m'ont aidé ^^).
En tout cas j'espère que ta prochaine lecture, Les Immortelles, un de mes coups de cœur de la rentrée, te plaira beaucoup plus !

hendiadyn 04/09/2012 15:25



J'ai à peine effleuré l'ouvrage, et pour l'instant ça me plaît beaucoup ! Je résiste toujours à la tentation de lire ta critique !