Deux fois par semaine - Christine Orban (2005)

Publié le par hendiadyn

Orban.jpgCe titre à l’évocation de prescription cache des rendez-vous plus complexes ; loin d’être un simple médicament à une mélancolie passagère, c’est une véritable prise de temps. Quarante-cinq minutes, deux fois par semaine, avec monsieur H.


Juste une majuscule pour décrire l’analyste qui ponctue ces espace-temps réservés d’un mot, parfois deux, en laissant sa part de travail et de doute au silence. La jeune femme qui consulte n’a pas de nom, ne semblant exister que pour monter l’escalier du cabinet et combler la course des aiguilles. Dans ce court récit autobiographique cousu de silences éloquents, Orban décrit la relation difficile d’une femme tout juste mariée et déjà condamnée par la question « Comment de temps encore ? » se heurtant au miroir renvoyé par l’analyse, sans pouvoir ralentir l’irréparable, la maladie de son mari. Orban aura attendu vingt ans pour dévoiler ces « parcelles de temps louées » ; instaurant une certaine distance tout à fait palpable entre la douleur adoucie et le présent d’écrire, expliquant peut-être les quelques longueurs et répétitions qu’on pourra regretter. Pour le reste, seul subsiste le flot de sentiments contradictoires et authentiques de l’implosion de l’esprit humain, à la fois aigu et sans aspérités, comme s’il s’agissait de notre propre histoire. Un roman par ellipses, sans action explicite, mais où pour une fois, nous en savons plus que n’importe quel docteur H.

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